La madeleine de Brest

Il n’y a pas longtemps, je vous parlais de ma journée à aux Fêtes Maritimes de Brest 2016. Je garde des liens forts avec cette ville où je suis née et où j’ai vécu quelques temps enfant, puis lors de mes débuts en tant que professeur d’anglais puisque, une fois l’agrégation décrochée, j’ai passé ma première année d’enseignante au lycée Kerichen , juste à côté de chez mes grands-parents. Curieusement à l’époque, je n’ai guère apprécié la vie brestoise, n’ayant qu’une hâte, rentrer à Rennes le week-end !
C’est finalement seulement depuis le décès de mes grands-parents que je me rends compte que Brest me manque. Ces petits séjours à Brest m’étaient finalement indispensables, et je ne m’en rendais même pas compte !recouvranceEt maintenant, au-delà du plaisir de revoir des amis et cette ville où j’ai tant de souvenirs, ce que j’aime par-dessus tout quand je retourne à Brest, c’est entendre les gens parler. Cet accent brestois avec son rythme et son intonation si particuliers a une musicalité que je reconnaîtrais entre mille. C’est le Finistère que je retrouve aussi dans certaines expressions que j’avais l’habitude d’entendre gamine…Cela me renvoie à des souvenirs d’enfance, les vacances à Brest ou bien sur la presqu’île de Crozon, à Landévennec. Mes grands-parents ne sont malheureusement plus là mais je pense à eux quand je vais à Brest.Voici quelques unes de ces expressions qui émaillaient leurs conversations et qui sont pour moi autant de “ madeleines de Brest” :

mignon / mignonne : terme affectueux réservé aux plus jeunes (quoique certaines copines m’appellent encore “mignonne” !)
en distribil : en désordre  “Mignonne, tu va ranger ta chambre, elle est toute en distribil !”
jus : café ( “Tu prendras un jus au moins ? Je vais en faire du frais” )
collationner : prendre un goûter. “Tu as envoyé de quoi collationner? “ (Tu as apporté ton goûter ?)
faire de l’essence :  acheter de l’essence
gast : interjection (“Punaise !”)
mettre son paletot : mettre son pull
un pochon : un sac en plastique
des cuches : des couettes
on va au bourg : on va en ville, même quand on est à Landévennec où il y a quatre rues à tout casser ! (“Mignonne, tu iras me chercher une miche de pain au bourg ?”)
les boueux : les éboueurs
29 : prononcer “vinneuf”
maintenant: prononcer “mainnant”
prendre le trolley : ma grand-mère disait toujours qu’elle prenait le trolley à Brest, même si ce moyen de transport avait été remplacé par le bus à partir des années 70 , puis par le tramway actuellement
celui-ci : prononcer « çuissi » (généralement, ce qui suit n’est pas un compliment…) :  “çuissi croit qu’il a inventé l’eau chaude ! “. Ca marche aussi avec “celle-ci”…

Et pour ceux qui ne connaissent pas l’accent brestois, une petite vidéo de vocabulaire  avec Steven Leroy (attention le débit est rapide…). Voilô :

Alors si vous êtes de Brest même, et si vous avez d’autres petites expressions à  me laisser en commentaire, je suis preneuse ! 🙂 Bonne semaine !

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27 réflexions sur “La madeleine de Brest

  1. Ah oui, c’est tout à fait ça!
    Je reconnais bien ma copine brestoise avec ses « cuches »!
    Il y a aussi « c’est piche » (que je traduirais en « ça paie pas de mine ») mais est-ce brestois?

  2. C’est rigolo parce que le barbare dit aussi faire de l’essence (et du coup moi aussi à force)… alors qu’on n’est pas de Brest du tout ^^ Je n’avais jamais entendu cette expression avant de le rencontrer (il est de Perpignan).
    Belle journée

  3. Coucou 🙂

    La plupart des expressions étaient aussi employées par mes grands-parents du 22 profond (« tu t’en vas, mignon ? »)… sachant que c’étaient surtout nos cheveux qui étaient en distribil !

    Dans ce qu’ils employaient aussi, il y avait :
    – être dans le « lagen » (le coltard)
    – partir en « riboul » ou en « piste » (en soirée)
    – avoir du goût (prendre du plaisir)
    – manger comme un gouel (référence au goéland qui mange n’importe quoi ?)
    – diwall da revr ! (gare à tes fesses)
    – botoù-coat (sabots de bois, parce que oui, on en avait, même dans les années 80 !)
    – buzuc (ver pour la pêche)
    – koc’h ki du ! (crotte de chien noir, interjection à la « gast »)

    Et puis les « toujours » et autres « aussi donc » subtilement placés en fin de phrase…

    « Zavier, mignon, mets tes botoù-coat et va ménan chercher du cit’, aussi donc. »

    Nostalgie…

  4. oh là, là que de souvenirs
    je suis de brest même , j’ai tjs pris le trolley et je confirme toutes les expressions sauf distribil que je n’ai jamais entendu
    depuis mes 20 ans je suis en IDF (j’ai 66 ans) et je mets tjs mon paletot,et continues à employer la plupart de ces mots: boueux, pochon et ce matin j’ai d’ailleurs fait de l’essence
    il y a aussi « madoue beniguet » que j’entendais souvent
    super cet article , je le transmets à ma soeur qui elle est en savoie , ça va lui rappeler des souvenirs!!!!

  5. Haha j’adore, cet accent, un peu plus prononcé que l’accent bigouden qui est pourtant déjà bien fort… Je me retrouve dans tous tes mots et surtout le faire de l’essence, j’avais une copine du mans à l’école à Brest ça la rendait folle à chaque fois qu’on disait ça lol

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